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Histoire de l'Albenc

LE CHATEAU DE PECCATIERE

 

Qui n’a pas entendu parler du château de Peccatière ?Il s’élevait sur la droite de la route menant à Chapuisière, immédiatement après la route de Pierre brune (1).

 

Le bâtiment a dû être édifié à partir de la fin du XV° siècle. Il porte le nom de ses premiers propriétaires : une riche famille apparue dans la région en 1490, selon Auguste Favot (2). Les Peccat jouèrent un rôle actif au temps de l’Eglise réformée de l’Albenc. Jean Peccat, auditeur à la Chambre des comptes du Dauphiné, fut l’un des signataires de la supplique envoyée à Calvin le 18 juillet 1561, pour lui demander un pasteur.

La demeure appartint à la famille Peccat jusqu’à Guillaume Peccat qui ne laissa que deux filles dont l’une Agnès épousa Bertrand Rabot en 1502. Ainsi, le château passa rapidement par héritage dans la famille Rabot. Rappelons que dans une pièce de la maison Sorrel Barbier, propriété des  Rabot, se trouvait une belle cheminée qui portait les armes des deux familles unies par ce mariage (3).

A la fin du XVII° siècle, le château passa dans les mains de la famille Guignard, Jeanne Angélique Rabot ayant épousé Emmanuel Guignard, seigneur de St.Priest.

 

Le château de Peccatière présentait l’aspect d’une imposante bâtisse d’une quarantaine de mètres de long. Il possédait des tours comme une maison forte mais c’était avant tout une belle résidence, dotée de fenêtres à meneaux, caractéristiques de l’époque Renaissance. Il s’élevait sur trois niveaux avec des plafonds à la française au premier étage. Il ne comptait pas moins de sept cheminées.

En 1673, l’évêque Le Camus, lors d’une visite pastorale, signalait une chapelle au château. Cette chapelle privée était pavée. Au début de l’époque révolutionnaire, une prison aurait été aménagée dans le château (4). Elle pouvait accueillir les suspects ou les condamnés traduits devant la « Maison de la justice et de la paix » installée dans la maison Barillon.

 

Que reste-t-il aujourd’hui du château de Peccatière ? Bien peu de choses malheureusement. On ne peut deviner que les bases d’une tour au bord de la route et une pierre du seuil de l’entrée principale. Les anciennes caves voûtées sont inaccessibles, leur accès ayant été remblayé.

A l’époque contemporaine, le château a longtemps été loué à des fermiers. Au début des années 1970, la propriété était partagée entre :

- M.Dupard qui acquit la ferme aux enchères en novembre 1971,

- M.Chapel qui possédait la partie centrale du bâtiment,

- la famille Boucherand qui racheta par la suite le tènement de M.Chapel.

En 1975, le château fut démantelé. Des travaux de restauration s’avéraient trop importants et coûteux. Un promoteur ne parvint pas à faire aboutir un projet de lotissement…

Les éléments du château furent dispersés. De nombreuses pierres de taille furent réemployées pour restaurer la demeure de Lionne à St André en Royans. Quelques pierres en molasse prirent la direction de St Antoine.

 

Seuls, les anciens conservent dans leur mémoire l’image du château de Peccatière. Puisse cet article vous avoir apporté quelques éclaircissements sur ce lieu-dit.

 

 

  1. Route de Peccatière, au niveau des propriétés de Mrs Boucherand et Dupard.
  2. Auguste Favot : Essai historique sur Vinay et ses environs.
  3. Bulletin n°45, mai 2006.
  4. Bulletin n°47, Octobre 2006.

 

Un grand merci à Mrs Jean Noël Boucherand et Alain Dupard pour leur aide.

 

QUAND ON SE BAIGNAIT A L’ALBENC…

 

  Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quelques jeunes albinois imaginèrent, pour se livrer aux joies de la baignade, la possibilité d’aménager la serve de la scierie Penin, à l’entrée nord du village. (1)

Après avoir obtenu la promesse d’une subvention de l’Office départemental des sports en 1946, le Conseil municipal délibéra le 23 février 1947. Il donna son accord pour l’aménagement d’un bassin de natation, avec le concours des services des Ponts et Chaussées. « La situation ensoleillée et la limpidité des eaux toujours renouvelées » justifiaient pleinement l’emplacement du bassin. Les travaux soumis à l’entreprise Penin permirent la construction :

-          d’un ponton en bois le long de la rive et d’un plongeoir en travers,

-          de deux cabines et d’un W.C. sous la cascade qui évacuait le trop plein de la serve.

Les baigneurs disposaient d’un plan d’eau d’environ 25 mètres de long sur 6 mètres de large et d’une profondeur qui pouvait atteindre 2 mètres en aval. Les installations rustiques qui respectaient le cadre champêtre, n’avaient pas trop grevé le budget de la commune. Aujourd’hui, les impératifs de sécurité suffiraient à vouer à l’échec un tel projet…

Pendant l’été, cette piscine naturelle attirait en fin d’après-midi et le dimanche de nombreux jeunes. Les distractions n’étaient pas aussi fréquentes qu’aujourd’hui. Les garçons les plus téméraires n’hésitaient pas à exécuter des plongeons spectaculaires pour épater les jeunes filles ! Quelquefois surprise : la piscine était vide. Il fallait attendre que la serve se remplisse après que Monsieur Penin eut utilisé l’eau pour alimenter sa turbine… Tous les ans, il fallait nettoyer la serve pour la vider des boues et des alluvions apportées par la Lèze.

Les élèves de l’école, encadrés par M. et Mme Ferreri et Mme Anne fréquentaient la piscine. Certains apprirent à nager en utilisant des ceintures confectionnées avec des bidons d’huile en guise de flotteurs. De nombreux enfants de l’Albenc et de Chantesse obtinrent même des brevets de natation.

Pour des raisons d’hygiène et de sécurité, cette piscine municipale ne fut fréquentée que jusqu’au début des années 1950. La baignade ne fut-elle pas rendue responsable de cas de typhoïde ou de poliomyélite ? Il faut dire que les pécheurs d’écrevisses laissaient leurs appâts dans le ruisseau en amont de la serve, ce qui pouvait provoquer au moins quelques éruptions cutanées… En tout cas, la piscine de l’Albenc disparut avant d’avoir obtenu le pavillon bleu ! (2)

 

 

  1. A l’époque, l’énergie hydraulique permettait de faire fonctionner différentes entreprises. Les eaux de la Lèze faisaient tourner les scieries Bourgeat, Perrot et Penin. Le mot serve, synonyme de serre, désigne une retenue d’eau qui peut servir de réserve, de vivier ou de barrage.
  2. Merci à Messieurs Hubert Falque et Edmond Portra pour leurs témoignages et leurs photos, ainsi qu’à Monsieur Gillet pour la relecture de l’article.
 

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